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Un peu d'histoire ... Pourquoi un baudet à Estaires ? Durant la révolte des gueux (les protestants) en 1566, peut-être le 15 août, insurrection contre la domination espagnole sous couvert du protestantisme, les révoltés accompagnés de nombreux pillards et ‘’rafraîchis’’ à la bière tournèrent en dérision la religion dans une parodie sacrilège de procession durant laquelle ils promenèrent un authentique aliboron (âne) sous le dais réservé à la Fête-Dieu. La petite histoire dit que le baudet refusa de pénétrer dans l'église donnant ainsi une leçon de dignité à ses "bourreaux" ... Hugo en eut fait un pamphlet philosophique, La Fontaine une fable, les Estairois en firent un géant et un sobriquet ... |
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Aliboron II : Un "ancêtre" de notre Aliboron |
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ALIBORON I,
détruit durant la 1ère guerre, fut reconstruit en 1923 par M. Dupont.
ALIBORON II, 1923, était plus haut que son prédécesseur et avait la joyeuse faculté "d'arroser les étrangers" et de projeter oranges, cacahuètes et bonbons. Victime de la seconde guerre mondiale, il fut remplacé par ALIBORON III, 1948,le baudet actuel qui fut fabriqué par M Maurice Deschodt le faiseur de géants d'Hazebrouck. (voir article ci-dessous) |
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Durant la fabrication d'Aliboron III chez Maurice et Georgette Deschodt à Hazebrouck. |
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| Dimanche 16 mai … Dimanche 16 mai 1948, jour de Pentecôte. A Estaires, tradition oblige c’est jour de fête, d’autant plus importante que la triste période de la deuxième guerre mondiale est encore présente dans tous les esprits. Parmi la population, une équipe d’hommes particulièrement dévoués à la cité est en effervescence. En effet, en cette année 1948, l’équipe de l’Union Bienfaisante, a décidé de redonner ‘’Vie’’ à Aliboron, tristement détruit pendant la guerre. Depuis, lors de la cavalcade, c’est un âne vivant qui représente la mascotte de la ville mais les membres de L’UB emmenés par leur Président Monsieur Gaston COSTEMEND, n’ont qu’une idée en tête ‘’redonner à la ville SON ALIBORON’’. Inlassablement ils se démènent pour enfin réussir dans cette entreprise et Dieu sait si en cette époque encore difficile, ce n’est pas chose aisée de mener à terme un tel projet. C’est ainsi qu’ils prennent contact avec un couple d’hazebrouckois Maurice et Georgette Deschodt-Pattein, tous deux peintres, d’origine flamande et très attachés à leur terre et à son folklore. Monsieur et Madame Deschodt ont déjà redonné ‘’vie’’ aux géants d’Hazebrouck et de Steenworde entr’autres. Ils vont maintenant ‘’ s’atteler’’ au BAUDET D’ESTAIRES. C’est donc en ce 16 mai 1948, de bon matin, que le jeune Maurice Depuydt et ses camarades, membres de l’UB, prennent la direction d’Hazebrouck dans un camion, gracieusement prêté par les établissements ‘’Dupont-Cuveliez’’ de La Gorgue pour aller chercher ‘’ALIBORON III’’. En approchant de la petite maison, joie et étonnement se mêlent à la vue de ce ‘’géant’’ dont l’imposante carrure dépasse de la haie. Très vite le premier problème se pose … Impossible de sortir ‘’l’animal’’ du jardin … c’est un baudet oui ou non ? … une façon comme une autre pour lui de montrer qu’il fait déjà partie de la ville d’Estaires … Une fois la haie ‘’ouverte’’ à coups de hache et de ‘’firmin’’, Aliboron et ses guides prennent la direction d’Estaires, le jeune Maurice doit effectuer la route à pied, et, armé d’une longue perche en bois, il doit régulièrement relever les fils électriques. Le trajet s’effectue par La Motte au Bois et Vieux Berquin sous le regard tantôt ébahi (nous sommes encore en période de restriction), tantôt amusé des habitants du cru et celui des nombreuses vaches des prairies environnantes effarouchées par ce ‘’monstre’’ et qui entament une folle cavalcade avant l’heure. En arrivant à Estaires, en attendant d’être présenté à la ville, ALIBORON III est conduit au Pont de La Lys, en face de chez Gambier, ‘’ café de l’Industrie’’ (juste avant le pont sur la gauche) pour prendre un peu de repos. (à noter qu’à cette époque, 1948, cette rue était encore en impasse. En effet, le Pont de la Lys détruit en 1940 n’avait pas encore était reconstruit) L’après-midi, à 16h30, la Compagnie des Sapeurs Pompiers, l’Harmonie Municipale et les sociétés de la ville viennent chercher ALIBORON afin de l’amener à la réception officielle pour le présenter aux personnalités et à la population qui s’est déplacée en nombre pour assister à l’événement et … effacer quelques blessures de guerre. Après les discours, sous la présidence de Monsieur Pierre LEFRANCQ, Maire et la traditionnelle distribution de dragées par le parrain et la marraine M. Gaston SION et Mme Emilienne DECHERF, ALIBORON parcourt les rues de la cité « au milieu d’une haie compacte de curieux venus admirer leur nouveau baudet » puis, avant la dislocation, un ‘’Vivat Flamand’’ est chanté pour le nouveau venu. |
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Le lendemain, lundi 17 mai, sous un beau soleil ALIBORON participe à sa première cavalcade. Les ‘’Réfractaires’’ de 1940/44
(FFI - …) y participent également. Ils ont confectionné un char et ont décidé de mettre … le feu ! non ! mettre l’ambiance … quoique … Dès le début de la cavalcade ces joyeux ‘’réfractaires’’, à coups de pétards, ajoutent un piment certain à la fête … ils font si fort, qu’un peu avant la rue des Récollets, sous l’effet des pétards,
leur char prend feu ! il faut appeler les pompiers, qui une fois l’incendie maîtrisé … traînent les restes du char brûlé dans la cour de chez
‘’Gruson-Loutre’’ (actuellement Coez).
ALIBORON III se souvient très bien de son arrivée dans notre cité ! (Jean-Luc avec l'aimable participation de Maurice Depuydt) |
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| Domiciles D'Aliboron III, Notre Aliboron a longtemps trouvé domicile dans le hangar situé à droite de la mairie, dans le renfoncement, hangar qui servait à l'époque, d'ateliers municipaux et de local "pompiers". Il a ensuite élu domicile dans le hangar de Monsieur André Lictevout, rue du Général de Gaulle, face au garage "Bernard" pour se rendre ensuite dans l'actuel local qui jouxte les ateliers municipaux... abri de luxe qu'il partage avec son ami Jehan...et... la petite histoire nous dit qu'ils ont beaucoup de choses à se raconter ! |