L’opposition des nobles
| Dès 1558, le parlement commença à s'opposer aux exigences de Philippe II, notamment en refusant de voter de nouveaux impôts et en exigeant le repli de la soldatesque espagnole. Comme les pétitions de la noblesse au roi restaient sans réponse, quelques-uns des plus éminents seigneurs, démissionnèrent des États généraux des Pays-Bas jusqu'à ce que finalement Philippe II rappelle Granvelle en Espagne. À la fin de 1564, les nobles, conscients des progrès de la foi réformée, exhortèrent Philippe II à assouplir sa politique confessionnelle pour éviter les émeutes. Philippe leur répondit qu'il répliquerait à la violence par la violence. |
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Pendant ce temps, en dépit d'une oppression accrue, les manifestations des Protestants se multipliaient à travers le pays. En 1566, une délégation d'environ 400 membres de la noblesse présentèrent une pétition à Marguerite de Parme (fille naturelle de Charles Quint), à l'effet qu'elle mette un terme aux persécutions jusqu'à l'apaisement complet de la situation. Le comte Charles de Berlaymont qualifia cette pétition de "Requête de Gueux" (en hollandais Geuzen), un nom que les Protestants devaient reprendre à leur compte en s'en vantant. Marguerite transmit la requête à Philippe II, afin qu'il statue en dernier ressort. |
| La crise politique est là. Une crise économique et une crise religieuse l'accompagnent. L'iconoclasme est le détonateur qui va faire entrer les Pays-Bas méridionaux dans les "troubles religieux" du XVI siècle. |
| Dans un contexte de disette lié aux mauvaises récoltes
de 1565 et à l'arrêt des échanges commerciaux en mer du Nord consécutif
à la guerre nordique de Sept Ans, le prosélytisme des pasteurs
calvinistes ne fit rien pour calmer le jeu. Au début du mois d'août
1566, la foule pilla l'église d'Hondschoote dans les Flandres
occidentales.
Cet incident mineur devait donner le signal de la rébellion sur toute la côte et conduisit à des émeutes iconoclastes conduites par les calvinistes, qui ravagèrent églises et édifices religieux pour manifester la désacralisation des statues et des images des saints Catholiques par tous les Pays-Bas. Selon les calvinistes, en effet, ces statues ne valaient pas mieux que des idoles païennes. On pense aujourd'hui que l'effectif des Iconoclastes était relativement faible et les raisons exactes de ces émeutes sont controversées mais il est certain que les autorités locales firent peu d'effort pour réfréner le vandalisme. C'est durant cette période que d'autres lieux saints de la région furent pillés, dévastés ... les autels furent dépouillés, les statues brisées. Chez nous , à Estaires, Ces "Gueux" après avoir saccagé l'église auraient, par dérision, promené un âne sous le dais de procession. |
Entre 1562 et 1565, les "prêches de haies" se multiplient en Flandres. En 1566 de Pâques au mois d'août, des assemblées, menées par des prédicateurs, regroupent plusieurs milliers de personnes. A côté de la lecture de la Bible et de la prédication, des spectacles parfois édifiants sont présentés. Les autorités locales sont dépassées et ne peuvent plus sévir. L'ordonnance, prise le 3 juillet par la gouvernante pour interdire ces prêches n'est suivie d'aucun effet. Les rassemblements se multiplient : à Armentières, en juillet, la foule fait ouvrir les portes de la prison et libère les prisonniers calvinistes. L'iconoclasme se manifeste un peu partout dans la région. Dans l'ensemble, les "casseurs" travaillent proprement et ne s'attaquent qu'aux représentations, images et statues. |
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Les déprédations des Iconoclastes divisèrent la noblesse, Guillaume d'Orange et d'autres gentilshommes les condamnant, tandis que d'autres les approuvaient. Ainsi, avant même d'avoir pu répondre à la pétition de la noblesse, Philippe II avait perdu le contrôle des turbulentes provinces du nord. Aussi ne vit-il pas d'autre moyen que d'y dépêcher une armée pour réprimer l'insurrection, armée de 10 000 hommes qui fit son entrée en 1567 à Bruxelles. Personne ne fut épargné, pas même les membres de la noblesse qui avaient simplement plaidé pour un assouplissement des lois. Le nombre de condamnations élevé valut aux tribunaux le surnom de « Tribunal du sang » aux Pays-Bas, et Ferdinand de Tolède fut surnommé le « duc de fer ». Ces mesures, au lieu de pacifier le pays, attisèrent la révolte. Il fallut exécuter plus d'un millier d'hommes dans les mois qui suivirent. |
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